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Database d'un personnage fictif, aucun lien avec le véritable Alice Cooper !

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Retrouvailles (fragments de textes)

RETROUVAILLES
(fragments de textes)


    Je n’aurais jamais pensée un seul instant que c’est dans cet endroit que je la reverrai. Un simple petit supermarché, sur Terre… Qui aurait pu prédire ça ? Toute les deux dans le même rayon, sans même se voir ; côte à côté, penchée sur le même article. Puis nos mains qui se frôlent, se touchent, au moment de saisir l’objet. Puis un sursaut de ma part, ma canne qui tombe. Nous nous excusons en même temps, nos voix se confondent ; nous relevons la tête l’une vers l’autre, par réflexe.
    C’est l’incompréhension tout d’abord, la surprise. Chacune lit dans les yeux de l’autre et un ange passe. La stupeur chez elle, la peur chez moi. Combien y avait-il de probabilités pour que nous nous croisions ici ?  C’était improbable, inconcevable, et pourtant… Naïvement, nous appellerons ça le Destin : nos retrouvailles étaient inéluctables.

Combien de fois ai-je désiré autant que craint cet instant ?

    Ses yeux sublimes ne quittent pas les miens, sa bouche parfaite légèrement entrouverte laisse percevoir son hésitation ; elle est sans voix, émue, tout aussi déboussolée que moi. Dieux, qu’elle est belle. Elle n’a pas changée, toujours aussi magnifique. Comment ai-je fais pour oublier cela ? Comment ai-je fais pour supporter son absence ? Bon sang je me sens fondre sur place ! Je tremble comme une gamine, incapable de savoir quoi lui dire, effrayés par une multitude de souvenirs et d’images qui me traversent l’esprit en  a peine une fraction de seconde.
    C’est un inconnu qui me réveil, me tendant ma canne d’un air un peu inquiet. Je sursaute, je bafouille et le remercie, récupérant mon bien de mes mains peu assurées : je manque d’ailleurs de la refaire tomber. Cette intervention est la gifle qui me sort de mes rêveries et si je suis heureuse d’en être délivrée, je ressens également une certaine frustration de voir toute cette tension disparaître subitement. Et, revenant à la réalité, je me sens plus misérable que jamais. Tête basse, je reprend appuie sur ma canne, lorgnant mon genou blessé avant de lentement relever la tête vers elle.
– Alice… ?
    Je souris doucement. Sa voix inquiète me fait du bien dans mon cœur, me rassure.
– Salut…
    Après tout ce temps je trouve pas mieux à dire. Je suis vraiment nulle.

    Encore un silence de quelques secondes et [...]


Texte écrit le 29 octobre 2008


*************


(…)

    Le rêve disparu en une série de crépitement lumineux semblables à des flashs d’un appareil photo de paparazzi. Une douleur vive éclata au même moment dans son œil, achevant de la réveiller, et c’est avec un grognement et un léger sursaut qu’elle revint a elle.
    Elle sentait à travers son œil battre son cœur en un élancement éprouvant, empêchant sa vue de se faire plus nette dans l’obscurité de la chambre. Habituée, elle se contenta d’ouvrir et fermer ses paupières plusieurs fois jusqu’à ce que la sensation se calme un peu et que la migraine devienne supportable.
    Avec un soupire, Alice se laissa aller au réveil progressif. Elle avait conscience de l’immense oreiller derrière elle, de la couette épaisse remonté jusqu’à son menton et aussi d’un étrange poids dans sa main droite, inerte et difficile à bouger. Tournant la tête, elle étouffa un cri de surprise en découvrant la jeune femme assise à ses côtés, la regardant avec un doux sourire. Jade se tenait là, tout près d’elle, lui tenant la main.
    Elle devait être là depuis quelques temps déjà, à l’observer sans rien dire. Elle resta muette mais serra ses doigts un peu plus fort, comme pour la saluer. Un geste affectif qui fit bondir le cœur de la petite sorcière, laquelle était trop surprise pour réagir. N’ayant pas encore eu le temps d’émerger, c’est d’une voix hésitante qu’elle s’adressa à la jeune Déesse.
– Tu es là depuis longtemps… ?
    L’autre la gratifia d’un petit sourire malicieux.
– Assez. J’ai toujours aimé te regarder dormir.
    Alice rougit malgré elle et baissa les yeux un bref instant. Sa lèvre inférieure trembla tandis qu’elle chercha des mots. Jade la sortit de l’embarra en poursuivant.
– Tu as mal à ton œil ?
    Elle tordit le cou pour essayer de voir sous la mèche de cheveux de l’humaine mais celle-ci détourna expressément la tête, paniquant à l’idée qu’elle puisse voir sa blessure. D’une voix affolée, elle expédia la question.
– Ça va, j’ai l’habitude !
    Elle fixa un point imaginaire droit devant elle pour cacher la mauvaise face de son visage à celle qui fut sa meilleur amie. Encore une fois, sa bouche s’entrouvrait et se refermait plusieurs fois alors qu’elle cherchait des choses à dire. Parler pour dissiper le malaise. Mais elle n’y arrivait pas, ce qui lui donnait l’horrible impression que quelque chose était bel et bien brisé entre elles. Elle risqua un petit coup d’œil à la Chaosienne qui la fixait sans rien dire. Et sans sourire. Alice ne se sentit pas la force d’affronter ce regard et retourna bien vite à son point invisible avec la sale impression de n’être qu’une minable.
    Tremblante malgré elle car appréhendant la réaction de Jade, la sorcière fut prit d’un effroi incontrôlable lorsqu’elle sentie la main chaude qui tenait la sienne se desserrer un peu. Cela était peut-être dû à une crampe, une mauvaise prise ou à cause de sa propre agitation, mais dans l’instant elle imagina tout simplement que la jeune femme en avait assez d’elle et de son comportement puéril. Elle voyait déjà Jade lâcher sa main et se lever pour partir. Et ne jamais revenir. Ce fut l’électrochoc qui la fit réagir et immédiatement, c’est elle qui resserra la main. Elle s’y agrippa avec l’énergie du désespoir et se tourna vers elle dans l’idée de la retenir, de l’empêcher de la quitter. Les mots restèrent bloqués dans sa gorge encore une fois et elle sentit la terreur la gagner. Elle allait échouer.
    La panique de l’humaine n’échappa pas à la Chaosienne qui la fixa avec patience. Inutile de la brusquer, il fallait simplement laisser les choses se faire. Malgré la longue mèche qui barrait une partie du visage d’Alice, Jade pu voir la petite larme rouge couler doucement sur sa joue. Cette vision suffit pour gonfler son cœur d’un sentiment étrange. Nostalgie, affection, amour filial. Joie et soulagement. Alice était bien Alice. Sa Alice. Celle avec qui elle avait partagé de milliers d’instants inoubliables, de la joie, des peines, quelques colères. Et beaucoup d’amitié… Une sœur.

    Lentement, Jade se tourna vers Alice, s’approcha d’elle. Leurs mains restèrent unis, mais elle dirigea l’autre vers le visage en partit camouflé de la jeune femme. Le souffle court, la sorcière tenta de ne pas céder à l’affolement et la laissa écarter ses cheveux, dévoilant son œil blessé qu’elle jugeait hideux. Et honteux. Jade l’observa un moment et déposa doucement ses doigts sur la cicatrice apparente pour la caresser. Silencieuse, Alice la laissa faire en cherchant sur le visage de la Chaosienne une expression de dégoût ou de colère mais ce fut sans succès. Jade paraissait juste désolée.
– Tu as mal ?
    Elle tenait véritablement a avoir la réponse. De l’extérieur, ça semblait très douloureux. L’œil était laiteux, perdant tout son éclat, et la fissure visible sur le globe oculaire était impressionnant. La régénération ne s’était pas effectuée correctement et en y regardant de près elle voyait que l’iris n’était pas parfaitement recollé, apparaissant en deux demi-sphère légèrement décalé. Et puis il y avait la larme de sang.
    Alice souffla la réponse comme s’il s’agissait d’un secret de la plus haute importance.
– Ouais…
    Un petit silence puis elle poursuivit.
–  Ça fait mal… C’est insupportable et je prend des calmants tout le temps…
    La main de Jade se déposa sur sa joue en signe de compassion. Incapable de se retenir, Alice posa la sienne dessus, pour l’appuyer un peu plus, et inclina sa tête. C’était une caresse apaisante. Une nouvelle larme coula, stoppée par le barrage de doigts joins.
–  Je suis désolée, termina la blessée avec un petit sanglot.
    Et elle l’était. Dans son esprit confus, déclarer la douleur des blessures revenait a inculper la mère de Jade, lui imputer la responsabilité de son état. Ce qui ferait du mal à Jade. Alors elle aurait voulu le cacher, lui dire qu’elle ne ressentait aucune douleur, parce qu’ainsi cela voudrait dire que ce qui s’était passé n’était pas grave, qu’elle n’y pensait plus.


Texte écrit le 15 novembre 2008
Modifié le 15 novembre 2007 (?)


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